Le BazzArt de Kalys

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Marcher apprend la patience. Marcher donne un rythme à la pensée. Il ne faut pas réfléchir au but que l’on s’est fixé car il est trop loin et ce pourrait être décourageant. Il ne faut penser qu’à avancer, et recevoir l’environnement au fur et à mesure. Il faut se concentrer sur la route et non sur soi-même, sinon on ne pense que « je suis fatiguée » ou « j’en ai marre, je m’ennuie ». On n’a d’autre choix que de continuer. Finalement, c’est peut-être le meilleur exercice de méditation que j’aie trouvé.
Je pense qu’il y a sans doute une contradiction dans ma quête. Je suis tellement attachée à moi-même. Je disais sur l’autre blog qu’il me semblait vital de toujours désapprendre, tout remettre en question, défaire tous les filtres pour dévoiler quelque chose de plus essentiel. Mais il me reste un filtre tenace à effacer : pourquoi suis-je aussi attachée à mon parcours, mes souvenirs, à tout ce qui m’a construit? Je crois bien avoir une conscience aigüe de ce qui m’a menée là où j’en suis, je crois bien être assez lucide sur ma personne. Mais… et alors? Est-ce que je ne devrais pas commencer par défaire cet écheveau-là?
Or moi je ne veux pas me désapprendre. J’ai tendance à tout envisager comme participant à ma construction. Tout ce que j’apprends, je l’intègre. J’en fais une pierre à l’édifice. Est-ce que ça ne revient pas à dire que mon but, c’est moins l’essentiel, l’absolu, je ne sais comment l’appeler, que… moi?
Et ça ne signifie pas que j’aie une haute opinion de moi-même. Ça signifie qu’en premier lieu, c’est mon propre cheminement qui m’intéresse.
Ma question en un sens, serait la suivante : est-ce qu’il est plus légitime de suivre une voie, bouddhiste disons, selon laquelle pour être au monde il faut déjà apprendre à ne plus être, une voie selon laquelle la meilleure manière d’appartenir au tout est d’éliminer le « je » puisque le « je » est déjà une restriction? Ou est-ce qu’au contraire c’est une conscience pleine et entière du « je » qui permettrait une relation, un échange totalement harmonieux, équilibré et constructif avec tout ce qui n’est pas nous? Est-ce que pour parvenir à une totale interpénétration il ne faut pas au contraire être suffisamment conscient de soi pour accepter le changement? Pour voir vraiment les choses, ne faut-il pas d’abord connaître ses lacunes? A mon avis, la nuance est plus subtile qu’il n’y parait.

Je ne crois pas non plus qu’il soit possible d’apprendre sans méthode. Or, toute méthode est restrictive. Elle a ses propres cadres et ses propres buts. Faut-il en passer par là pour ensuite aller plus loin?
Car je suis bien consciente qu’en l’état actuel des choses, je n’apprends plus. Puisque je n’ai pas de but particulier et aucune méthode pour progresser. J’avance à tâtons – c’est un cheminement qui a de la valeur en soi… Mais qui devient tout aussi restrictif. Limité. Je ne peux pas, par définition, découvrir ce que je ne sais pas, connaître ce qui m’est étranger. Je ne parviendrai pas à sortir des cadres. A ce stade, il est plus probable que j’exporte mes propres cadres pour les reconstruire ailleurs. Que je les adapte, sans parvenir à les casser.
Il me faut un Don Juan.



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