Le BazzArt de Kalys

« Satan records the first note » *

Je n’arrive pas à terminer la nouvelle sur laquelle je travaille – je sais comment cela doit finir, mais je n’arrive juste pas à l’exprimer comme je voudrais -, alors je traîne sur le web en même temps. Cela ne m’aide certes pas à me concentrer, mais j’apprends des choses!

Enfin. Disons que j’en profite pour écouter des groupes sur lesquels j’aurais dû jeter une oreille plus tôt, ce qui m’aurait évité de me faire arracher les yeux par les Vrais Métalleux devant l’Éternel (diabolique, l’éternel, évidemment). Je ne leur jette pas la pierre : quand on est passionné, c’est toujours un peu agaçant de constater que d’autres personnes ne prennent pas la peine de remonter aux sources pour mieux comprendre ce dont elles parlent.

Je ne suis pas une fan de Black Metal. N’importe qui me connaissant associerait spontanément ce genre musical à ma soeur plutôt qu’à moi (sauf Fred, mais c’est un épouventable inculte). Bien que très intéressée par ce courant, je survole beaucoup de choses, par manque de patience, mon ouïe n’étant pas familiarisée avec ces déluges de batterie et ces voix scandées. Je n’accuse pas le BM d’être bruyant – de ma part, ce serait comme l’hôpital qui se fout de la charité… Mais j’ai quand même tendance à entendre d’abord une marmelade sonore avant de comprendre la structure du morceau, et la plupart du temps, j’ai la flemme de persévérer.

Ainsi, il me faut bien avouer que mes connaissances en la matière se limitent peu ou prou à Dimmu Borgir (je ne cite pas Cradle, ce n’est déjà plus très black, me semble-t-il). Et ce, parce que c’est un des seuls groupes qui parvienne à réellement flater mes tympans. La guitare m’intéresse de moins en moins quand elle est employée dans une formation rock classique. J’ai toujours aimé les ambiances enveloppantes… Que seul un clavier peut parvenir à créer. Voilà qui explique que j’aime autant Depeche Mode que Dimmu!

Si je me suis intéressée au Black Metal, à l’origine, c’est plus pour ses aspects intellectuels. J’ai beaucoup plus lu sur le BM que je n’en ai écouté! Je finis toujours par y revenir, en dépit de toute logique : je ne serais pas la dernière à admettre que les peintures de guerre et les bracelets cloutés, à force, c’est plus marrant que terrifiant. Je n’ai pas d’inclination particulière pour le satanisme, non plus, pas plus que je ne suis païenne : en tant que petite française éduquée à l’école des Lumières, j’ai tendance à me considérer comme athée. Alors pourquoi? Autant mes approches de la musique sont anecdotiques, autant je ne peux pas nier être tout à fait fascinée par le sujet.

Tout à l’heure, je regardais donc une vidéo live de Dimmu Borgir, et quelque chose m’a frappé : si d’un certain point de vue on peut trouver le groupe grotesque, moi, c’est précisément l’aspect grandiloquant et un peu toc de l’imagerie qui me plaît! Etre black metalleux, c’est un peu comme avoir oublié de grandir : on aime bien se déguiser, surtout pour Halloween ;) Et puis, toute cette peinture, c’est un masque, et qui ne comprend pas la fascination exercée par ce type d’accessoire? Il y a quelque chose de plus que le simple plaisir de les porter, dans les fringues. Il y a une histoire de puissance. Si les vêtements ne confèrent aucune puissance en tant que tels, ils nous donnent l’impression de l’être… Et le résultat est le même. (Je parle de brassards en cuirs, mais on peut appliquer ça à n’importe quel accoutrement).

L’autre aspect intéressant, d’après moi, est la quasi-omniprésence d’un background idéologique ou culturel. Je ne peux m’empêcher de penser que les rares musiciens qui essaient de faire du Black en parlant de tout autre chose que de mythologie ou de culture se trompent de médium. Le Black est trop… emphatique, oppressant, profond, musicalement parlant, pour se prêter à un discours superficiel. On ne peut pas se contenter de dire « j’aime la forêt et les montagnes enneigées » quand on met autant de hargne dans sa voix et dans son riff, autant de majesté dans un solo de clavier. C’est comme un punk qui évacuerait l’aspect politique de sa musique (je sais, il y en a plein) : où est l’intérêt de crier comme ça si on n’a rien à dire?

Et si moi, ce discours m’intéresse, c’est précisément par son… extrêmisme, j’allais dire, mais cela prête à confusion… Disons que l’on manque d’artistes réellement engagés, non pas au sens politique du terme, mais simplement au sens personnel. Oui, voilà, on manque de gens qui s’engagent eux-même dans ce qu’ils font, qui y investissent plus que leur voix. Le BM se démarque parce qu’il offre des créations complètes, auto-suffisantes. Parce qu’il est l’expression aboutie d’un univers par ailleurs plus vaste que ce à quoi on aime le réduire. Les discours qui le sous-tendent ont au moins le mérite de ne pas sombrer dans le compromis, le tout-venant facile à penser.

Un certain nombre de black-metalleux, surtout ceux de la première heure, sont ou étaient vraisemblablement fous. Meurtres, incendies, satanisme exacerbé… La panoplie complète du psychopate, ça fait toujours jaser les gens équilibrés. Les mêmes qui aiment regarder des films d’horreur ou lire les faits divers glauques, parce que ça les fascine… Ca nous fascine à peu près tous, je crois. Quelles qu’en soient les raisons : incompréhension ou admiration secrète pour l’anormalité, plaisir pervers de cancanner en se sachant meilleur, que sais-je?

J’ai toujours aimé les thrillers, les personnages de méchants, et explorer les facettes les plus dérangeantes de l’homme, parce que, glauques ou pas, elles existent. Le BM n’échappe donc pas à ma quête :)

J’ai donc décidé de remonter aux sources et d’écouter ceux par qui tout a commencé. Épopée surprenante! Ceux que j’appellerai bien les « primitifs » évoluaient dans des genres pour le moins variés. Je donne une mention spéciale au très rock’n’roll et plutôt jouissif <i>Black Metal</i> de Venom, qui, à défaut de réellement inspirer les lignes musicales à venir, donne tout de même son nom au mouvement (qui a dit « encore un journaliste inculte! »? C’est pas très gentil, ça!), ainsi que sa thématique sataniste :

Écoutant Bathory, je me dis que la plupart des groupes n’ont pas inventé grand-chose, depuis…

Quant à Celtic Frost, c’est sur la batterie que leur influence future me semble le plus flagrante… (je ne regrette cependant pas que les metalleux aient évacué certains tics typiquement eighties dans la diction :P)

Je termine tout de même avec cette vidéo de Dimmu, pour le plaisir. Tout commentaire esthétique mis à part, je suis très impressionnée par la maîtrise vocale de Shagrath!

Enfin, bien que ça n’intéresse probablement personne ici, Wikipédia propose un article très complet sur le BM, qui comprend des explications techniques pas inintéressantes sur la façon dont se joue le Black.

* Extrait de Black Metal, par Venom


  1. ça c'est bizarre j'ai passé une partie de la soirée d'hier à parler de black metal avec un jeune homme ami de Simon :)
    Et j'en parlerai sans doute aussi la semaine prochaine, puisque le Hellfest, c'est le week end prochain !
    Je suis plutôt d'accord avec tout ce que tu dis sur le BM :)C'est une musique de puissance,elle en parle, l'évoque et l'incarne.
    Bon en tout cas il est tard, j'ai beaucoup bu hier soir, et puis j'ai regardé plein de films catastrophes qui ont fini par me déprimer un rien… Mais j'oublie un peu que c'est pas mon blog, là ! :) on verra donc ça sur le mien demain.
    Bonne nuit et merci pour les vidéos auxquelles je jetterai une oreille demain.

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