Le BazzArt de Kalys

Rencontres impromptues

Proportionnellement, je lis beaucoup plus depuis que je suis ici. Moi qui ai boudé la bibliothèque de Rennes pendant tout le temps que j’y ai passé (elle était pourtant à dix minutes à pied de chez moi, à la fin), je retrouve ici le plaisir de me glisser entre les rayons, l’oreille tendue, prête à saisir tout livre dont le murmure me parviendrait avec assez de conviction. Les histoires cachées entre les pages appellent et implorent, cajolent ou menacent, comme des fantômes tapis dans leur crypte, depuis trop longtemps. Parfois, des voix anciennes parviennent à vous hypnotiser, et vous font quitter le chemin balisé. Elles vous guident vers des ténèbres inconnues, et si elles ne vous laissent pas en plan au beau milieu – pour le plaisir de la hantise -, elles pourraient bien révéler de singuliers trésors. (J’aime bien employer le mot « singulier » dans un texte, ça lui donne un côté dix-neuviémiste ^^)
Une bibliothèque, c’est un peu comme une brocante (ou la Fnac) : inutile de s’y rendre avec un but précis. C’est ce qui m’a fait éviter les Champs Libres, parce que j’étais obsédée par l’idée de lire des nouveautés, que je n’y trouverais jamais. Il faut seulement se laisser dériver entre les rayonnages et écouter. Mes déambulations me rappellent mon enfance, surtout le moment où j’ai commencé à hanter le rayon « adulte », fière et impressionnée à la fois (au rayon enfant je me souviens de n’avoir lu que Le Club des Cinq et Le Clan des Sept, la série des Etalon Noir et autres Alice, j’étais un peu monomaniaque.)
Ainsi, je ne pense pas que j’aurais lu un jour Le vieux qui lisait des romans d’amour, si je n’étais tombée dessus par hasard à ma première visite de la bibliothèque de quartier. Joli roman, au fond d’une forêt amazonienne peu souvent évoquée, une forêt dense, dangereuse, et magnifique. C’est un livre triste, aussi, presque désespéré, mais tout en retenue. Il oscille entre l’anecdotique, conté avec une plume superbe, et le symbolique un peu trop évident dans la dernière scène, mais, bizarrement, je trouve que pour une fois, c’est son aspect anecdotique qui en fait une réelle réussite. Il lui donne un air de vérité rarement aussi bien rendu.
Lu aussi, Duma Key de Stephen King. Ca devient difficile pour moi de parler de King. A terme, ce livre ne restera peut-être pas dans mes favoris, mais comme d’habitude, c’est un chef d’oeuvre de narration. King ne s’essoufle pas avec l’âge mais atteint clairement la pleine maîtrise de ses talents.
Et puis, L’Odyssée, version Michel Honaker (son nom restera éternellement pour moi associé au Commandeur, héros de ma pré-adolescence). Très bonne surprise : une écriture vive et vivante, qui nous rend attrayants et humains des héros qui ne sont souvent plus que des noms pour nous.
J’avais aussi emprunté Contrat sur un vampire, mais même mon amour des navets n’a pu me forcer à le lire en temps et en heure…


Quelque chose à ajouter ?

fleurs stylisees fleurs stylisees