Le BazzArt de Kalys

Pluviôse, ventôse…trombose

Dans le chapitre 4, sur Outside the Box, j’expliquais grosso modo qu’il fallait changer de point de vue sur la fatalité (soient les événements non contrôlables) et l’appréhender comme un carrefour vers des possibles inenvisagés. Bon. Comme, dans ma situation actuelle, me contredire serait très déprimant, je vais tenter de contempler tous ces possibles qui s’offrent à moi.

Pour ceux qui l’ignorent, voici la situation : je suis à l’hôpital depuis lundi. Le côté cinématographique des choses, c’est que ça a failli être grave, j’ai frôlé la mort, ma vie va changer. Désormais, j’ai un but et des certitudes. Bon, en fait, non, je lutte avec optimisme contre la déprime (non, c’est pas contradictoire : je pense sincèrement que ça va passer). Ma voisine, certes très malade (probablement) passe ses journées à soupirer et à faire savoir à tout le personnel combien elle souffre (dans un hôpital, elle est la seule, c’est sûr), ressasse sans arrêt sa douleur avec des airs de martyr, concentrée, obstinée, croyant sincèrement faire des efforts alors qu’elle s’est elle-même accrochée un boulet au pied pour bien rester au fond. Tenez, le médecin vient de passer, et lui a appris que son scanner cérébral était bon (donc pas une sclérose en plaques comme je le soupçonnais, même moi je suis soulagée pour elle) et ses prises de sang aussi. Bah elle trouve toujours le moyen de se plaindre, figurez-vous qu’elle ne peut pas manger, rien, ça passe pas, elle a pas la force. Bizarrement, tout ce qu’elle a avalé depuis ce matin est toujours dans son estomac et je trouve d’ailleurs qu’elle parle beaucoup, pour quelqu’un qui va aussi mal. Bref. Sa prédécesseuse me manque (et j’ai sacrément dévié du sujet. D’après Mathias, c’est que je vais mieux. Tiens, j’y crois pas ce qu’elle vient de dire : elle fait des piqures anti-coagulantes, comme moi, parce qu’elle reste allongée tout le temps. Elle vient d’oser se plaindre, devant moi, qui les fais parce que sinon même que je pourrais mourir, que comme elle n’a plus de cuisses, ni de ventre, tellement elle va mal, bah ça fait vachement mal. C’est vrai que pour moi c’est une partie de plaisir, et d’ailleurs, si je pisse dans un bassin plutôt que de me lever, c’est aussi parce que j’aime ça, au fond. (madame, elle, ne peut absolument pas faire une chose pareille)).

Alors donc que je me remets doucement d’une phlébite et d’une double embolie pulmonaire (j’ai le droit de me plaindre, moi aussi), et que j’ai envie de chialer en pensant à ma formation qui vient de commencer et me tient vachement à cœur, j’ai réalisé un truc : y’a pas beaucoup de choses qui me tiennent autant à cœur, en fait. Donc, ce que je vais essayer de retenir, c’est que j’ai trouvé ce que je voulais faire. Tant pis si cette fois ça foire, je recommencerai dans cette voie. En plus mon formateur en html et php fait des modifs dans son programme pour que j’en rate le moins possible. J’ai de la chance, je suis bien entourée.

Et puis question santé, moi qui trouvais que je buvais trop, bah j’ai une bonne raison d’arrêter. Euh la clope par contre je suis pas persuadée que j’y arriverai, là je ne rêve que de ça (mais je me conduis bien : aujourd’hui j’ai eu le droit de faire un tour en fauteuil roulant pour la première fois, et j’ai pensé que ce serait pas raisonnable, alors je me suis contentée de respirer l’air frais, vous imaginez ?)

C’est vrai que je ne regarderai plus certaines choses pareilles. Bon, avec la maladie de maman, je pense que j’avais déjà conscience de beaucoup de choses, mais vu mon ras-le-bol total au bout de seulement cinq jours, je me dis que j’ai encore des progrès à faire sur le chemin de l’humilité. Juste avoir un fauteuil roulant, le droit de mettre le nez dehors et ô, suprême récompense, d’aller aux chiottes toute seule, ce sont des avantages dont on ignore l’importance.

Bon, madame a encore mis la télé, qu’elle ne regarde pas puisqu’elle discute avec son mec. Je vais donc entamer Supernatural (merciii Scott!)


  1. (Pas évident de te laisser un commentaire après un article pareil…)
    Je te souhaite un rétablissement, et, oui, même dans les pires situations, certaines personnes comme nous sont capables d'un éclair de lucidité. Comme quoi…
    Si jamais tu cherchais un endroit pour ta convalescence, tu es la bienvenue chez moi (même si ce n'est pas l'endroit le plus calme du monde, mais il y a de bonnes ondes :))
    Plus que jamais, je me dis qu'il est essentiel qu'on ne se perde pas de vue trop longtemps :)
    ÉNOOOOOOOOOOOORMES bisous bella.

  2. *un bon rétablissement (gniii je n'ai pas encore fini mon café)

  3. Merci miss,ça me fait chaud au cœur :)

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