Le BazzArt de Kalys

Mother

Une petite pièce dont je ne distingue qu’un angle (la scène est très rapprochée) : des murs verts, pas beaucoup de lumière. A gauche, la porte. Je ne peux pas voir de fenêtres. Puis soudain dans l’angle se tient un homme. Il entend ou voit quelque chose. Alors la caméra zoome et on voit sur le mur des décorations : des petites reproductions d’Alien, sculptées et encadrées dans de petites vitrines. La caméra tourne vite, passe devant le visage de l’homme qui dans le cri s’est étiré de façon à ressembler à une tête d’alien. Ses dents brillent. Sensation très forte d’accélération, de révélation.

Je me dis que Muriel a eu raison de me conseiller ce film, car il a l’air de receler, comme elle me l’avait dit, de véritables trouvailles esthétiques. Je commence à le regarder en entier.

Une famille se présente à la porte d’une autre famille, qui habite dans la maison qu’on a entr’aperçue tout à l’heure. On sonne, on fait les présentations. Les parents cherchent quelqu’un pour garder leur fille et les visiteurs ont un fils (pourtant pas assez âgé) qui pourrait le faire. La mère leur propose de monter dans la salle de jeu pour rencontrer leur fille. C’est dans l’escalier que j’investis le rêve.
Je monte la dernière. En bas, sur le guéridon, au pied de l’escalier et au bout du couloir de l’entrée, le téléphone sonne. Il fait sombre, en bas. J’entends la femme répondre. Sauf que moi je sais très bien qu’elle est montée la première. J’en ai des frissons d’appréhension. Elle raccroche le téléphone prétextant être occupée, mais elle ne remonte pas. Finalement, je passe devant elle dans l’escalier, et c’est ainsi qu’elle se retrouve derrière moi, et je pense quelque chose du genre « son stratagème est pourri, ce n’est pas crédible comment elle se retrouve derrière moi, ça n’explique rien ». Je crois bien que je formule tout ça à voix haute, mais à qui? A Muriel, ou à la personne avec qui je regarde le film?
En tout cas, je sais que je dois avoir peur de la mère (à ce moment-là, elle a les cheveux coupés très courts et rouges. Elle ressemble à toutes les mères de famille françaises ayant passé la quarantaine) Pourtant, j’ai la sensation que c’est « moi » qui l’ais faite se déplacer dans l’escalier. Pour que ça colle. Parce qu’il devait se passer quelque chose.

Dans la salle de jeu, on rencontre la gamine. La pièce est très grande, très claire, contrairement au reste de la maison. Sur toute la longueur du mur (une dizaine de mètres) s’étend une baie vitrée, mais je ne me souviens pas avoir vu quoi que ce soit par la fenêtre). La mère explique au petit garçon que la  petite a déjà eu une baby-sitter. Elle explique qu’il s’est passé quelque chose dans le parc alors qu’ils jouaient tous. Je vois une espèce de vortex. Dans la salle, elle place le petit garçon dans ce qui ressemble à meuble pour faire sécher le linge (bon dieu mais comment ça s’appelle déjà?), ça fait comme une cage autour de lui. Le gamin se marre. Elle commence à l’agiter. Je ne me souviens pas ce qui se passe. (Je sais, vous êtes dégoûtés. Moi aussi :))
Globalement, je sais juste que c’est suffisamment subtil pour que la femme me traite de folle quand je décide qu’on se barre d’ici, tout de suite. Je suis absolument terrifiée par sa présence. Je ne sais pas si je parviens à sortir de la maison.
Je sais que je me retrouve à nouveau dans la salle de jeu, donc je n’ai pas dû réussir à faire grand-chose. Le père, qui jusque-là n’avait pas de visage, tient sa gamine dans ses bras. Je lui demande qui est allé de l’autre côté (je crois que j’entends pas là que le vortex que j’ai visualisé a joué un rôle). Il me répond, l’air à la fois terrifié et désespéré, qu’elles y sont toutes les deux allées. La mère et la fille. Mais si la petite est devenue un peu bizarre, c’est rien par rapport à sa mère (qui est maintenant grande et mince, porte une robe blanche et a de longs cheveux noirs – vive le cliché!) Je ne sais pas depuis combien de temps ils vivent comme ça, mais le père n’en peut plus d’avoir peur. Moi non plus d’ailleurs, donc, je me réveille.

Jamais eu conscience de rêver, et pourtant, j’ai consciemment modifié le rêve, c’est bizarre. J’ai eu la sensation de forcer mon esprit pour croiser la mère dans l’escalier. Comme si, une fois rentrée dans le film que je regardais, c’était à moi d’écrire le scénario. J’aimerais bien apprendre à mieux contrôler mes rêves, je suis sûre que ce serait intéressant de pouvoir se focaliser sur des détails du décor, ou de pouvoir développer les histoires. D’habitude, je force la matière du rêve par instinct de survie, pour fuir. C’est la première fois (dont je me souvienne) que je crée le rêve dans le but conscient d’avoir peur.



Quelque chose à ajouter ?

fleurs stylisees fleurs stylisees