Le BazzArt de Kalys

L’île

Un cauchemar et ses interprétations possibles…

C’est la deuxième fois que je viens ici, j’en suis persuadée parce que cette fois encore, j’ai rebroussé chemin pour photographier l’immense immeuble en forme de coque de bateau. Il était brun et or et perçait le ciel tel un Titanic colossal. Quand je le regardais j’étais prise d’un indicible vertige.

En continuant de remonter cette rue on se retrouvait dans la campagne. Dans un coude du chemin se trouvait une maisonnette en pierre. Je ne voulais pas y entrer car je savais que la dernière fois, l’histoire ne s’était pas achevée, sans doute parce que je m’étais réveillée. Ainsi, ce qui dormait dans ces pierres y attendait toujours, et je ne voulais absolument pas m’y confronter.
Je ne sais plus de quoi il s’agit. C’était un conte, une histoire pour s’endormir, sauf qu’elle était horrible. La petite fille disparaissait, la chose dans son lit me terrifiait. Cette fois-ci la chose s’est servie de souvenirs récents puisque deux de mes sixièmes entraient dans la maison pour n’en pas ressortir.

Je me souviens aussi avoir escaladé un escalier en os, avec des jours entre les marches trop hautes. Il fallait monter à quatre pattes, je savais avant de commencer que je n’arriverai pas en haut. Je suis quand même allée loin, et puis j’ai déclaré que je ne pouvais plus. À quoi bon, de toute manière l’escalier s’incurvait dans le ciel mais ne menait nulle-part.

J’ai donné un cours aux 6e B dans une école sans fenêtres, sombre et sale, avec la sensation que quelque chose d’imminent allait se produire.

À la fin du rêve nous longions une église gigantesque (ce qui me fait penser que j’ai plusieurs fois rêvé d’église, ces derniers temps). Je savais que c’en était une parce qu’à intervalles réguliers les portes s’ouvraient sur de grandes salles remplies de cierge, mais la façade ressemblait à celle d’un palais vénitien. Nous arrivions sur un parvis dallé de pierre blanche, il faisait très beau. Il y avait plein de gens endimanchés qui buvaient du champagne en discutant, et au milieu de la foule, un couple d’hommes qui se mariaient. Ils échangeaient leurs vœux mais personne ne les écoutait. Ils portaient des chapeaux haut de forme et des nœuds papillons, l’un d’entre eux pleurait et je me souviens avoir été surprise que l’église célèbre cette union.

Puis nous nous sommes retrouvés dans la campagne, à proximité de la maison des horreurs (une réminiscence de Skyrim à n’en point douter), on voyait la falaise qui était bordée de rochers immenses et pointus. Le paysage était vraiment lovecraftien, et je me faisais la réflexion que tout le monde se promenait sur cette île (Belle-Île, je pensais à ce moment que c’était Belle-Île) en touriste, et que personne ne semblait ressentir la même angoisse que moi, la même impression de claustration cauchemardesque.

Vu l’explication du symbolisme de l’église sur le Dictionnaire psychanalytique des images et symboles du rêve, j’ai apparemment du mal à me connecter avec ma propre dimension spirituelle, puisque je ne suis pas rentrée dans l’église, ne faisant qu’apercevoir l’intérieur – qui m’est apparu accueillant, lumineux et rassurant. L’union n’est pas consommée, le principe supérieur inaccessible, en témoignent ces deux hommes qui se marient dans l’indifférence générale et avec un désespoir palpable.

Interprétation que confirme je crois la présence de l’escalier titanesque : je n’arrive pas à franchir les étapes, je m’élève avec difficulté, sans garde-fou, je n’arrive pas au palier supérieur qui d’ailleurs n’existe pas puisque l’escalier s’arrête en plein ciel et ne mène nulle-part.

L’école sans fenêtre participe de la même symbolique : je suis désormais la prof mais les mots m’échappent, je suis prisonnière des peurs enfantines et de l’angoisse adolescente, je suis enfermée dans ce lieu-même où j’ai refusé de vieillir et du coup, je n’ai rien à transmettre.
Quant à la maison des horreurs, elle est petite, sale, non meublée, l’étage en mezzanine est visible mais tout aussi décrépi. Je peux embrasser toute la maisonnette d’un seul regard, il n’y a rien à voir, si ce n’est la créature.

L’île, le continent qui émerge de l’inconscient, une terre stable représentant à elle seule ma propre personne…
C’est rassurant ^^



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