Le BazzArt de Kalys

Let’s go to bed!

Une sombreur rassurante*, des rideaux aux fenêtres – du violet et du bordeaux pour arrondir les ombres, quelques bougies pour les étirer sur nos visages et ambrer nos joues, l’ambiance est intime tout en nous permettant de conserver nos mystères. On peut se retirer dans l’obscurité ou jouer avec la lumière, la laisser glisser sur notre peau au gré de nos envies. On va pouvoir parler pornographie.

I. Considérations obscènes

Ou pas. Le CNRTL en donne la définition suivante : « Représentation (sous forme d’écrits, de dessins, de peintures, de photos, de spectacles, etc.) de choses obscènes, sans préoccupation artistique et avec l’intention délibérée de provoquer l’excitation sexuelle du public auquel elles sont destinées.« 

Une analyse  fort contestable : selon le même dictionnaire, l’obscénité se caractérise par une offense à la pudeur, notion extrêmement aléatoire, variant d’un individu et d’une époque à l’autre. L’usage de ce terme dans une définition en dit long sur son auteur, mais pas du tout sur la chose définie. De même, prétendre que la pornographie ne se préoccupe pas d’esthétique n’est qu’un jugement à l’emporte-pièce : évaluer les intentions de centaines de réalisateurs, écrivains ou photographes est une démarche douteuse. La seule partie de cette définition qui relève bien de l’analyse objective, c’est la dernière – il me semble que c’est assez grave. Un dictionnaire, comme une encyclopédie, se doit de faire preuve du plus de recul possible, sans quoi, il propose des jugements moraux éminemment variables. De fait, la pornographie – permettez-moi de couper la parole à nos distingués érudits – c’est « la représentation graphique d’actes sexuels, dans le but de provoquer l’excitation du public qui les regarde. » Point.

Maintenant qu’on a réglé la question d’un point de vue purement sémantique, rien n’empêche d’aborder la chose sous l’angle de la psychologie ou de la culture. Sur Wikipédia, j’ai lu cette citation d’Alain Robe-Grillet**: « La pornographie, c’est l’érotisme des autres. » Remarque tout à fait pertinente, dans deux sens, le plus immédiat étant que ce qui choque l’un plaira à l’autre, ou le laissera l’indifférent. Mais je pense qu’on peut aussi l’interpréter en constatant que ce qui nous gêne, souvent, c’est de pénétrer dans ce que l’on considère comme étant l’intimité de l’autre. Je ne pense pas m’avancer beaucoup en disant que la culture occidentale s’est largement affranchie du christianisme, et qu’il ne reste plus grand-monde à se sentir honteux, s’agissant de sa propre sexualité. Les gens baisent et y prennent leur pied, on le sait tous, on préfère juste éviter d’imaginer la position préférée des gens qui nous sont proches (parents, amis, frangins).

Par un mécanisme dont les rouages exacts m’échappent encore, nous évoluons dans une société caractérisée d’hyper-sexualisée, dans laquelle les femmes peuvent à loisir causer sex-toys et dans laquelle tout le monde se doit d’être au top de la séduction. Tout ça dans le vent, semble-t-il, car derrière l’omniprésence de corps plus ou moins nus et l’obligation de s’afficher, de montrer au monde qui l’on est, la culpabilisation et le refus d’assumer ce que l’on est vraiment sont toujours à l’œuvre. Prenez une soirée lambda entre potes et posez cette question : « alors les mecs, vous regardez quoi, comme porno? » Vous pourrez observer les regards atterrés, les mouvements de recul, puis vous pourrez les écouter balbutier : « mais ça va pas, je regarde pas de porno, moi! » C’est ça, oui. Le pire, c’est qu’il n’est pas nécessaire que leurs dulcinées soient présentes. Mais si elles le sont, elles auront l’air rassurées, et se rengorgeront d’être si séduisantes que leur homme n’ait même pas l’idée d’aller regarder d’autres filles.

Donc, conclusion numéro 1 : les hommes ont honte d’avouer qu’ils matent du porno, comme si c’était dégradant, que ça les ramenait à leur condition d’animal, et que nous, voyez-vous, nous sommes des êtres humains, ce qui sous-entend clairement que nous sommes évolués, ce qui sous-entend encore que nous sommes des êtres de pur esprit, apparemment.
Conclusion numéro 2 : une fille, c’est sacrément possessif, et aucunement sûre d’elle-même. Une fille a besoin d’être l’unique pour se sentir séduisante. Mais pour le coup, c’est un constat qui mériterait un long développement, et ça nous écarterait un peu trop du sujet.

Ce que je voudrais souligner, c’est que le sexe occupe une place importante dans nos vies. La façon dont nous baisons (ou pas) a une influence sur notre humeur. Nous l’assumons comme naturel et normal, sinon les filles ne prendraient pas la pilule ou s’en cacheraient. Il conditionne en partie nos rapports à l’autre sexe (ou au leur pour les gays), voire nos rapports aux autres tout court : je pense que si Lætitia et moi n’avons jamais pu être amies (pas toi, l’âme libre:)), c’est parce que nous avons d’emblée été des rivales.

Et pourtant, on n’en parle pas. Sa soit-disant sur-exposition ne fait que masquer le tabou qui l’entoure toujours. Mieux, elle permet de l’éluder. Puisqu’on le montre, puisqu’on en parle, c’est qu’on l’a dépassé. Alors que même la définition du dictionnaire prouve combien on en a peur. Je me demande si tout le monde n’a pas conscience, au fond, de sa puissance. Peut-être que la révéler et l’exploiter au grand jour reviendrait à libérer quelque chose qui tiendrait de l’entropie. Peut-être que, comme tous les agents du chaos, il faut lui accorder sa place sans le laisser s’exprimer à sa pleine puissance, sous peine d’ébranler l’harmonieuse conception de notre société.

* Si, le mot existe. Je l’ai trouvé dans le dico.
** Référence nécessaire, gnagnagna.

II. C’est nue que j’apprends la vertu

Toujours est-il que moi, j’en regarde, du porno. La plupart du temps, je n’ai pas l’impression que l’on ait offensé ma pudeur – il faut dire que je ne suis pas idiote, et que je sais que Fist Fucking vol.3 a toutes les chances de me déplaire :)

Je ne suis pas venue au porno comme si c’était la chose la plus naturelle du monde. J’ai hérité d’une culture qui ne me portait pas vers ça et j’avais les a priori qu’on m’avait appris à avoir. Mon premier film a été Shortbus, un film que les intellos qui ne bandent pas ont regardé et apprécié, parce qu’il est esthétique et un brin psychologique. Je l’ai aimé aussi, mais pas totalement ; je me souviens avoir été choquée, effectivement, parce que j’avais sous les yeux ce que j’avais appris à ne pas voir, et parce qu’à l’époque, je n’étais pas spécialement bien dans ma peau. Voir des gens faire l’amour me renvoyait à l’image que j’avais de moi. Je ne voulais pas m’imaginer dans ces positions, je voulais préserver l’élégance de l’imagination, l’évanescence du fantasme romantique (qui n’est rien d’autre que l’idéal de quelqu’un qui ne sait pas prendre son pied, c’est tout).

J’ai quand même essayé de regarder d’autres films, parce que je n’aime pas avoir des habitudes qui ne s’expliquent pas, ni des réflexes mentaux que je n’aurais même pas questionné. Peu à peu, je me suis défaite de ma peur et de mon malaise, et j’ai commencé à prendre vraiment plaisir à regarder des scènes de sexe. Le porno a dédramatisé quelque chose que j’avais peur de ne pas maîtriser, m’a appris à le considérer comme naturel et plaisant (ce qu’il est, de toute évidence) et a également changé le regard que je portais sur mon propre corps.
Aujourd’hui, je vous propose mon top 5 :)

Hors-compétition

Andrew Blake, pour Justine et La villa (j’en ai vu un autre, mais je ne me souviens pas du titre.) Ces films sont très contemplatifs, parfaitement silencieux. Explicite, le sexe n’y est pas moins très esthétique. Blake filme les femmes avec une grande élégance, beaucoup de sensualité. Je le classe hors-compétition parce qu’il n’y a aucun scénario, aucune transition. Un écran noir permet de passer d’une scène à l’autre. Ce sont des films parfaits pour tourner en fond d’écran lors d’une soirée, mais qui peuvent s’avérer ennuyeux à regarder sur la longueur. À noter aussi qu’on n’y voit que des scènes lesbiennes, dans une ambiance qui tend vers le fétichisme (mais pas assez pour que ça rebute quiconque ne s’y intéresse pas. Disons que c’est assez goth ;))

5
Le gang des violeuses, de Nic Cramer.

Et oui, le titre est infâme et on se demande comment il a pu me venir à l’idée de le regarder. En même temps, j’écoute bien des gens qui s’appellent Cyborg Attack – tout le monde ne sait pas manier le langage  (la langue?) avec subtilité :P

Le titre est donc très clair : c’est l’histoire d’une bande de filles dont l’unique but est de tirer toute la sève des hommes. Mais c’est aussi un pastiche de Orange Mécanique, ce qui en fait tout le sel.  Ses défauts tiennent au fait qu’il est encore tourné avec des actrices siliconées, dont les seins sont donc incroyablement immobiles et semblent impossibles à porter quand on a la stature aussi fine. Personnellement, je trouve ça assez laid. Aussi au fait que je l’ai vu en français et que, chose impensable, il a été intégralement doublé. Je veux dire, même les « oh oui » et les « encore » et tous les gémissements qui vont avec. Du coup, c’est très mal synchronisé.
Par contre, l’univers d’Orange Mécanique permet de placer une argumentation sur la façon dont on diabolise le sexe. Même si elle n’occupe évidemment pas une place centrale, elle a le mérite d’être là et de faire en sorte de ne pas enliser le film dans une totale gratuité. Par ailleurs, ce sont les femmes qui mènent la danse, et ça aussi, c’est bien agréable. Et enfin, dedans, y’a des hommes avec des cheveux longs, à qui je pardonne donc aisément de n’être pas très beaux. Dans tous les cas, ça change des HPG, Carrera et compagnie – no offense, guys, mais dans le cinéma porno français on ne voit que vous – et vos crânes chauves.

4
Le plaisir à vingt ans, de Yannick Perrin.

Ça a été mon premier « vrai » porno. Son grand mérite est d’être drôle. Malicieux, mais pas vulgaire, le film met en scène un producteur (Marc Dorcel himself), sa collaboratrice (Katsumi) et un réalisateur qui décident de faire un film dont le sujet serait, donc, le plaisir à vingt ans. On suit leurs séances de brainstorming, pendant lesquelles ils essaient de déterminer ce qu’on peut bien attendre du sexe à cet âge, quels en sont les fantasmes et les désirs. Et évidemment, chaque idée est prétexte à sa mise en scène – sinon, ce ne serait pas un porno. Le film ne se prend jamais au sérieux et s’amuse à parodier des scènes célèbres, ce qui ajoute à son aspect ludique. Je l’ai trouvé amusant et décomplexé, et puis accessoirement, j’y ai vu Ovidie pour la première fois, et personnellement, je trouve cette femme très séduisante (je n’en dis pas plus sous peine d’être accusée d’obscénité ;P)

Yannick Perrin a réalisé plein d’autres films dans cette veine, mais aucun qui soit aussi bon. Le problème étant qu’à force d’introduire de l’humour, il finit par tuer le sexe… On en vient à se demander à qui s’adressent ses films, puisqu’ils sont trop marrants pour être excitants, mais trop explicites pour un public réticent.

3
Constance, de Knud Vesterkov

Il s’agit d’un film danois qui commence très lentement – en fait, j’ai zappé le début. Cela tient en grande partie au fait que je l’ai regardé en version originale :P On voit une jeune femme qui lit un livre au bord d’une jolie petite mare dans un joli petit jardin, et qui commence à s’imaginer des trucs. Je trouve que c’est incroyablement pervers maintenant que j’ai lu le résumé sur internet, et appris que le livre en question était le journal intime de sa grand-mère :D
Toujours est-il que le film est prétexte à des scènes originales, dans une ambiance qui l’est tout autant. La narration ajoute au côté esthétique et la femme y est vraiment maîtresse de ses désirs. Ce n’est jamais brutal, les images sont explicites mais les gros plans ne sont pas purement anatomiques, comme ils semblent si souvent l’être. J’en garde l’impression d’un certain mystère et d’une élégance surprenante (qui l’est moins quand je dis que c’est Lars Von Trier qui a produit ce film).

2
En toute intimité, Angela Tiger

J’ai failli commencer en disant : voilà ce qui fait qu’un film réalisé par une femme est différent de ceux faits par des hommes***. Parce que En toute intimité met en scène une jeune femme qui trompe son mec, y prend un plaisir dédoublé par la nouveauté et le jeu qui s’instaure entre elle et l’autre, tout en étant toujours amoureuse de celui avec qui elle partage sa vie. Bon, c’est un porno, hein, pas une comédie sentimentale. Mais n’empêche que l’aspect émotionnel est vraiment présent. Et on y voit des hommes qui prennent plaisir à en donner, ce qui nous change de toutes ces filles mentalement dérangées dont le seul rêve est de tailler une pipe pour ensuite se faire fourrer mécaniquement (ah, désolée pour le langage, mais on en voit souvent aussi, des comme ça.)

Ce film m’a souvent surprise car j’ai trouvé, là encore, ses partis-pris esthétiques souvent originaux. Bon, il ne faut pas non plus s’attendre à ce qu’il pulvérise tous les codes du porno : on ne zappe pas la scène lesbienne, par exemple. Mais il a vraiment quelque chose d’attachant, de doux aussi. On y voit des vrais gens dans leur vraie vie, en un sens.
Je pense que le film s’adresse vraiment, comme Constance, autant au public féminin que masculin. Il ne part pas du principe qu’une fille veut avant tout de l’amour, ni qu’elle n’attend que la reconnaissance du possesseur de la verge qu’elle aura si bien léchée (mon vocabulaire dérape vraiment, excusez-moi). Il met en scène le désir féminin et le désir masculin, qui sont parfois au diapason, d’autre fois non, et qui sont plus complexes que la dichotomie « c’est l’amour de ma vie » vs « c’est un plan cul pour la soirée ».

*** Mais en fait ce n’est pas spécialement féminin, en témoignent les réalisations d’Ovidie, beaucoup plus « primaires », si je puis dire.

1
La libertine, de Pascal Lucas.

Sophie accompagne son mari à l’aéroport, d’où il s’envole pour un quelconque congrès, comme toujours. En retournant à la voiture, elle tombe sur une carte de visite, probablement tombée de la veste de son homme. C’est l’adresse d’un club libertin. D’abord blessée, Sophie se rend bientôt compte qu’elle est aussi curieuse. Elle voit s’ouvrir devant elle des perspectives que ses habitudes et son éducation ne lui avaient pas permis d’envisager. Sa première expérience sera de se connecter à un site sur lequel les gens se filment en direct en train de faire l’amour. Elle partage un moment de plaisir avec un couple, affranchi, serein, assumant leur fantasme sans ostentation. D’emblée, cette scène nous met dans l’ambiance. On se prend au jeu de cette mise en abîme. Sophie regarde mais est aussi vue, un jeu s’instaure entre elle et eux, ils se nourrissent de son excitation et la lui rendent. L’acte se fait danse.

Au fil des expériences, mystérieux rendez-vous fixés par un inconnu qu’elle ne voit jamais mais qui l’a contactée après cette première scène, Sophie fait en quelque sorte son éducation libertine. Avec une certaine candeur, elle accepte de se prêter à ce jeu dont elle ne connait pas les règles. C’est ce qui fait une grande partie du charme de ce film : c’est un cheminement vers l’épanouissement, la découverte de qui elle est et de ce qu’elle désire. Mais comme elle est, en quelque sorte, une apprentie, Sophie n’est jamais arrogante. Ce qui la rend si désirable, c’est son absence de complaisance. Et ses initiateurs sont des gens parfaitement maîtres d’eux-mêmes, qui font ce qu’ils veulent, sans ostentation, sans besoin de manifester au monde leur ouverture d’esprit. Ils prennent leur plaisir là où ils savent le trouver.

Mais si le film est si remarquable, si d’après moi il mérite sans conteste la première place de ce palmarès, c’est avant tout pour sa dernière scène, qui atteint la perfection en termes de rythme et d’esthétique. C’est une orgie, résultat logique de la progression du film. Une salle sombre, une ambiance à la fois feutrée et bien sûr, très charnelle, où des gens baisent, sur des canapés, debout, partout, et que l’on découvre par fragments, au rythme lancinent, incroyablement érotique, d’une musique toute en flux et reflux. On entend des cris et des soupirs, on voit des femmes en pâmoison, des hommes en transe, de la peau, des doigts, des sexes… Vingt minutes pendant lesquelles on est progressivement immergé dans un univers sensuel, où regarder les autres désinhibe et permet d’accepter son propre plaisir, parce qu’on le voit en face et qu’on en comprend toute l’ardeur et toute la beauté. Vingt minutes magistrales, qui ne pourraient pas l’être sans la musique et le rendu kaléidoscopique du montage.


  1. Allez, je suis pas vraiment un spécialiste mais j'en ai retenu, disons, 3 :
    Les Belles femmes du temps jadis de Werner Herdman, film danois de 1975. Drôle, avec de magnifiques jeunes femmes, et plutôt bien joué (ce qui est rare dans le milieu, de nos jours, avouons-le). Quelques scènes d'anthologie :)
    La Masseuse de Paul Thomas, qui est un remake d'un film plus ancien pas vu. Les scènes entre les deux protagonistes, qui virent au sado-masochiste, sont assez softs mais fortement érotiques. Les scènes avec les autres persos sont du remplissage et cassent le film, dommage ; mais il reste assez agréable.
    Dans un tout autre style, Pirates XXX, parodie de Pirates des Caraibes, avec un budget énorme pour un film porno, est assez bien foutu (sauf les effets spéciaux en 3D qui font penser à un pauvre jeu vidéo des années 2000) et rigolo (il y a des scènes vraiment drôles).

    Mini contribution, mais elle est de taille ! (ho ho ho, comme dit le Père Noël)

    Joyeuses fêtes !!

  2. Merci pour ces références! C'est clair que la plupart du temps, il ne faut pas s'attendre à du grand jeu d'acteurs :) A ce propos, mention spéciale à Katsumi, probablement la plus mauvaise actrice que j'aie jamais vue :D (par contre, je comprends pourquoi elle est connue dans sa spécialité – elle a l'air d'y prendre vraiment plaisir).

    Au fait, j'ai corrigé ce que je racontais à propos de Blake, j'ai confondu La Villa avec un autre film. En fait, il est construit exactement comme Justine et ne comporte aucune scène hétéro.

    Joyeuses fêtes à toi aussi!!

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