Le BazzArt de Kalys

Le syndrome Buffy et la cuisine

Texte inachevé, ce qui rend sa conclusion passablement ridicule.

Je m’ennuie. Sur mon blog, s’entend. Le fait est que j’aimerais bien écrire ici, j’ai ébauché peut-être quatre billets, mais à force de retarder leur rédaction, j’ai perdu le fil. Ils n’étaient pas très cohérents, de toute manière.
J’avais envie de parler de cuisine. Mais sans une idée centrale pour organiser un billet, ça risque d’être fort peu intéressant. Je voudrais présenter plus souvent le résultat de mes lectures et de mes déambulations sur le web. Je voudrais poster un peu plus souvent des textes indépendants, quelque chose de moins élaboré que ce que fait Garbage Collector, mais moins introspectif

Je n’aime pas du tout qu’ici mes silences se prolongent. Le noir de la page s’étire, moi je le vois se tordre, mais ne saurais dire s’il s’agit d’un ricanement, ou de l’invitation à plonger dans un remous. Glisser entre l’eau et la surface, et disparaître dans un entre-deux prometteur. J’ai encore des choses à montrer, je suis toujours reine de ma cour d’ombres ;  je n’ai pas de baguette magique, mais du souffle, et en hurlant j’infuse la vie aux golems.
Je voudrais avoir des résultats à produire, fanions victorieux à agiter dans le vide. Mais là où plus jeune j’excellais dans l’inachevé, je suis désormais plus déterminée.
Il me semble que je passe ma vie à la recommencer.

Chaque dimanche est l’occasion d’envisager un changement, je dresse des listes et des emplois du temps, je repars de zéro. Chaque jeudi j’aperçois l’horizon et constate, étonnée, que j’ai commencé tel texte sans parvenir à le terminer, que la vaisselle s’empile dans l’évier et que j’ai trop picolé.

Ce qui ne m’empêche pas d’avancer, à ma manière désordonnée. J’ai l’impression de faire de grands gestes inutiles, et aussi de faire des zigzags plutôt que d’avancer en ligne droite, mais au final, j’ai mis un pied devant l’autre, et demain devient hier.

Mon plus gros défaut, ça a toujours été de manquer de rigueur. C’est sans doute pour cette raison que la discipline me fascine. Je ne parle pas de l’autorité dispensée par la sage figure d’un aîné qui sait mieux que vous ce dont vous avez besoin, mais bien de la méthode dont savent faire preuve certaines personnes, de l’organisation à laquelle elles savent s’astreindre. C’est pour cela que j’ai toujours rêvé d’être étudiante, et qu’aujourd’hui je voue une profonde admiration à Muriel ou à Vanina.
C’est juste que moi, je suis plus Buffy que Willow, voyez. Je me représente toujours les choses exactement comme dans cet épisode, où Buffy bosse à fond pour ses examens. Elle dit qu’elle croyait que réviser, c’était comme dans les films : on l’aurait vue assise à son bureau, consultant une pile de livres, et puis de fréquentes coupures au montage la montrerait chaque fois dans une position différente, prenant des notes, suçotant son crayon, feuilletant un manuel, somnolant, et tout ça passerait en un clin d’œil mais serait indiscutablement efficace.
Dans les faits, moi, quand je travaille, je me déconcentre facilement, décroche fréquemment, ne sais pas par bout commencer et manque totalement d’organisation. Je crois que la seule fois de ma vie où j’ai commencé un texte en sachant comment il allait se dérouler et de quelle façon il se terminerait, c’est celui que je suis en train de travailler – mais il est en suspens depuis plusieurs jours parce que je ne me sens pas à la hauteur de ce que j’ai prévu.
Enfin, je suis en train d’en écrire deux, et pour le second, je sais également où je vais, mais c’est une histoire complètement idiote, je n’ai donc pas vraiment de pression.

Nous voilà donc au cœur de la saison sombre. C’est un moment où il faut prendre garde : traverser l’hiver demande de la volonté. Il faut se lever tôt si l’on veut profiter de la lumière, et parvenir à penser sur le long terme. Avancer, en imaginant l’horizon. Il faut décomposer les semaines tout en gardant le bout du tunnel à l’esprit. C’est très différent des pièges à éviter l’été venu : en été, ce sont la paresse et la langueur qui guettent. Le risque est de céder tout à fait à l’hédonisme et de s’endormir. L’hiver, au contraire, vous garde parfaitement éveillé, alerte, c’est pour cela qu’il est fatigant.
J’ai décomposé mon hiver en florilège, sensations et découvertes s’épanouissent en éventail.

De plus en plus, j’essaie de manger des fruits et des légumes de saison. Moins parce que j’aurais finalement cédé à un engouement très fashion pour l’écologie, que parce que j’adore vraiment faire la cuisine, et manger. C’est un cercle vertueux : plus tu manges bien, plus tu as envie de manger mieux. Et comme je suis curieuse, j’essaie de goûter aux choses que je ne connais pas, et de faire une deuxième tentative avec des légumes que je n’aime pas. Manger des produits de saison est aussi un bon moyen de se renouveler, de changer d’ingrédients régulièrement, avant que la lassitude de n’installe.
J’ai ainsi découvert que les choux de Bruxelles méritaient d’être correctement accommodés, et que les navets offraient un contrepoint savoureux quand ils étaient mélangés à une potée de pommes de terre.



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