Le BazzArt de Kalys

Le chant des elfes

Parfois, je me dis que si je décidais de rentrer en France et de m’y installer, je retournerais à Rennes, parce que j’ai grandi dans cette ville et qu’elle a, de ce fait, une identité particulière pour moi. Quand je dis « grandir », j’entends que j’y suis devenue adulte, et c’est important, parce que je me fiche pas mal de retrouver les endroits où j’ai passé mon enfance (si ce n’est parce que j’adorais la maison où nous avons vécu. Enfin, Rambouillet, c’était quand même une chouette ville. Avec un parc immense et la forêt). Rennes m’est familière, même les quartiers où je n’ai jamais été.
Mais je dis ça parce que j’ai le mal du pays, c’est tout. Tellement que j’entends dans ma tête la voix de la madame SNCF : « Rennes, ici Rennes. Assurez vous de ne rien oublier dans le train. » J’ai le blues, vous n’imaginez pas.

En réalité, si je devais m’installer quelque part, je choisirais l’endroit selon deux critères : la proximité des amis et de la famille (enfin, la famille, pas trop quand même, je ne veux pas me sentir obligée de rentrer voir mes parents toutes les semaines ;p), et l’environnement. Ça me paraît important de pouvoir concilier les deux, même si je crois qu’au pire, je choisirais seulement l’environnement, parce que les trains laissent malgré tout beaucoup de liberté, et que j’adore conduire. Si je devais m’installer quelque part, ce ne serait peut-être pas en Bretagne, patrie de cœur c’est vrai, terre d’adoption, mais qui manque cruellement… d’arbres. A moins que je ne m’installe à Paimpont, en plein cœur de Brocéliande. Mais Brocéliande, quoi qu’on en dise, est une forêt très jeune. Si jeune qu’on a transformé en site touristique le seul chêne multi-centenaire à avoir survécu aux incendies.
Et s’il fallait choisir une région de France, même si elle manque également de forêt, je dirais l’Auvergne peut-être, l’arrière-pays provençal, ou la Loire, entre Vézelay et Bourges. Ce sont des endroits que j’ai aimés dès que je les ai vus.

Je suis fatiguée. Et tout le monde sait ça, la fatigue accentue la tristesse. Je trouve que je bois moins qu’avant, et pourtant, je ne me trouve pas en grande forme, physiquement. Peut-être que modérée ou pas, j’ai atteint un âge où la pilule peut commencer à provoquer des complications. Toujours est-il que j’ai les jambes lourdes par longues périodes, et des contractions dans les muscles de la cuisse. Et j’ai maigri. Y’a de balance nulle-part ici, donc je ne sais pas si je psychote ou pas, mais enfin, mes pantalons passent tous à l’aise  en-dessous de mes hanches. Ça devient dur de faire en sorte de ne pas laisser dépasser dix centimètres de sous-vêtements !

*

Récemment, j’ai vu Elfen Lied. Je ne suis pas une passionnée de manga, dans le sens où je ne regarde pas un anim’ seulement parce que c’est japonais. J’en visionne exactement comme je choisis un livre : si l’histoire me tente, ou l’auteur, ou la réputation, que sais-je.
Elfen Lied, c’était vraiment superbe. Je regrette que ça n’ait duré que treize épisodes, mais les scénaristes ont fait un travail remarquable, et la durée convient tout à fait. C’est un manga d’une violence inouïe, mais contrairement à ce qu’on pourrait croire en voyant les membres voler, c’est la violence psychologique qui domine et qui donne toute sa profondeur à l’histoire. Rien n’est gratuit, au contraire, les personnages sont traités avec une grande subtilité.
Je trouve que ce montage rend compte à la perfection de l’état d’esprit de la série. C’est dans le décalage entre la tristesse de la musique et la violence des images que se trouve la clé de ce qui fait l’essence même de Elfen Lied. Je ne suis pas loin de penser que cette série est un chef d’œuvre, au même titre que l’excellent Infinite Ryvius.

Et comme je n’ai pas envie de terminer ce billet sur quelque chose d’aussi triste, je vous propose de conclure avec un truc beaucoup plus rigolo. J’ai entendu Total Eclipse of the heart tout à l’heure, mais depuis que je sais ce qu’en a fait Hurra Torpedo, je ne peux plus écouter cette chanson de la même façon…


  1. Je suppose que c'est normal d'avoir le mal du pays, parce que tu es loin de tes proches. Laisse-toi le temps de te faire à ta nouvelle vie américaine, laisse-toi le temps d'appréhender la ville, la région. Et puis, il y a bien plus d'arbres au Canada. Tu pourrais faire une jolie cabane.
    Comme le disais ton aïeul, au XIIème siècle, à sa fille lorsque cette dernière eut pour projet de s'installer au village voisin (les distances n'étaient pas vécues de la même manière, à l'époque) :
    « Le monde est vaste, ma p'tiote, cours-y vite à l'aut' bout, tu t'y sentiras peut-être si bien, que tu y resteras ! »

    Tiens, je vais regarder, ça Elfen Lied, ça a pas l'air mal.

  2. Sur les sites de streaming, tu trouveras peut-être un 14e épisode : ne le regarde pas, ce n'est qu'une séquelle, même pas réalisée par la même équipe, et sans aucun autre intérêt que de faire revenir à l'écran les personnages pour une dernière ronde. Elle ne respecte même pas vraiment l'état d'esprit, c'est un truc nunuche pour les gens qui n'aiment pas se sentir tristes :)

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