Le BazzArt de Kalys

La spirale

Beaucoup de gens accumulent les occupations, ils font du sport en sortant du travail, élèvent les enfants, le week-end ils vont au cinéma ou se baladent dans la nature. Ils ont l’air de bien s’en tirer, ils courent partout, maîtres de leur temps, actifs, bien dans leur peau. Je ne sais pas comment ils font. Le point commun de toutes ces activités, c’est qu’elles donnent l’impression de faire des choses, quand bien même elles endorment le cerveau, ne laissant aucune place à la réflexion. On les fait, c’est tout.
Je sais bien que tout le monde a la même semaine : cinq jours sur sept, les gens vont bosser. Les deux jours qu’il leur reste, ils peuvent les consacrer à toutes ces choses citées plus haut, et aussi à faire les courses et le ménage. C’est passionnant. J’ai des articles en stand-by, un second roman en gestation, envie d’écouter de la musique, de danser, de crier, mais je n’ai d’autre choix que de faire semblant que passer huit heures derrière une caisse, ce n’est pas si long, ce n’est pas si inutile, ça a sûrement un intérêt (ça ramène plein d’argent à dépenser en fin de semaine dans des babioles – histoire de se convaincre que cet argent est bien utile – à quoi sert de bien gagner sa vie quand on n’a pas le temps d’en profiter?)
J’ai la déprime facile, je sais, et puis je suis jamais contente.
N’empêche que c’est pas une vie. N’empêche que ça n’a aucune autre putain d’intérêt que d’endormir la conscience, que pour traverser ces journées on n’a d’autre choix que de ne penser qu’à ce qu’on est en train de faire – autrement dit, à rien. Et après tout passe, tout nous coule dessus – on est tous des enfants Tefflon, hein. Les Tunisiens ont fait la révolution – ah bon? Et les Grecs vont construire un mur – oui mais Brice il a dit que du moment que c’était pas Berlin, tout allait bien. Ah bon, ça va alors, un moment j’ai eu peur, j’ai cru que le monde devenait un peu plus con chaque jour, mais en fait non, heureusement quand même qu’il y a des gens pour penser à toutes ces solutions si efficaces, moi je suis pas assez intelligente, j’aurais pas pensé les choses sous cet angle-là.
Enfin, c’est pas du tout là où je voulais en venir. Mais quand je suis en colère les sujets se télescopent. Enfin, en colère. Non, je suis déprimée, vraiment.

  1. Je traverserais surement les mêmes moments si je travaillais au supermarché, donc je peux comprendre je pense… Tout ce que je peux te dire, c'est de t'accrocher au reste, de bien faire la séparation entre le boulot alimentaire et les activités que tu fais par passion. Tu trouveras toujours le temps et l'énergie, pour ça j'ai confiance :) Essaie de concentrer tes efforts là-dessus, et maintenant que tu es à l'aise dans ton boulot, essaie d'y accorder le moins d'importance possible…
    Et puis, si ça ne te convient vraiment pas, laisse-toi une porte de sortie pour l'année prochaine… Vois si c'est un moment de déprime passager, ou s'il faut vraiment que tu changes…
    Gros bizoux et bon courage !

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