Le BazzArt de Kalys

I’m a warrior

Cours de français avec cette prof que j’ai eue en première et que j’adorais. Elle passe dans les rangs pour vérifier ce que nous avons écrit. Arrivée à mon tour, elle me fait remarquer que mes phrases ont un aspect étrange et ne prend pas la peine de les lire. Excédée, je lui fais remarquer qu’elle dit tout le temps cela, mais qu’à mon sens ça ne justifie pas qu’elle refuse de corriger mes textes. Je finis par me lever pour quitter le cours, sans que cette scène ait perturbé qui que ce soit autour. D’autres se lèvent, bien que la prof parle toujours. L’heure va bientôt sonner.

Dans une immense maison, allait avoir lieu une fête. La maison semblait le résultat d’un improbable croisement entre Manderley et un pavillon de banlieue. Dans une pièce à l’étage, dont on avait enlevé les meubles, je regardais la fille découper les rideaux et les déployer sur le sol. Elle était blonde, et portait seulement un maillot de bain deux-pièces très coloré. Non, en fait, elles étaient deux, identiques, à s’affairer. Elles disent, ou je comprends, que leur intention est de mettre fin à cette mascarade.
Je n’ai aucun ressenti particulier sur la question. Je me dis seulement que je devrai faire de mon mieux pour éviter le pire, mais on ne peut pas dire que ça m’angoisse.

Pendant la soirée, je vérifie la pièce du bas, où sont rassemblés des gens bien habillés. Sur un côté, le mur est celui d’une véranda, comme chez ma grand-mère. C’est bien ce que je pensais : l’incendie a débuté. Pas émue pour un sous, je remonte chercher ceux qui peuvent encore être sauvés. Nous descendons un escalier très étroit, probablement celui des domestiques, et nous arrivons dans une pièce vide. Les flammes commencent à lécher le mur de gauche. Nous traversons. Dehors, à côté, je peux voir l’intérieur chic d’un bar. Au lieu de rentrer, je me mets à cogner contre la vitre pour attirer l’attention, et j’articule : « Il y a le feu ». Le serveur black comprend et tout le monde commence à sortir. Je crois bien qu’une femme brûle, sur la gauche, près du mur. Nous courons pour nous éloigner, sous une pluie de cendres ardentes. Je suis soulagée que nous ayons réussi.

J’ai marché un peu plus loin que les autres. Derrière moi, j’entends le fracas d’une pièce de maçonnerie qui s’écrase sur le sol. Je me retourne et pense avec amusement que, heureusement, ce n’est personne que je connais. Il y a quelqu’un sous la pièce. Enfin, quelqu’un. Régina, ou peut-être Muriel, attrape la tête détachée du corps. C’est celle de Mathias.
Je pense, une fraction de seconde, que c’est vraiment idiot d’avoir réussi à sortir d’une maison en flamme pour mourir comme ça. Puis il se met à faire très froid, à l’intérieur de moi. Je comprends que je vais devoir oublier totalement, si je veux continuer à vivre.

Blackout.
Pour une raison que j’ignore, j’ai été arrêtée pour le meurtre de Mathias. Personne ne me surveille, mais la police a vraiment pensé à tout : j’ai été coiffée, maquillée et costumée, pour ne pas être prise au dépourvu si je suis filmée. Grâce à eux, je peux réellement devenir l’héroïne de ma propre histoire, il y aura de la musique triste quand je serai incarcérée, et la journaliste rêvera de devenir moi même si c’est horrible, car je suis belle et combattive.
J’ai les cheveux rouges et tressés, avec une raie sur le côté, et je porte une cotte de maille dont je me fais la réflexion que vu sa largeur, elle ne devrait pas tenir sur mes épaules. Je pense à cette jeune chinoise qui l’a portée aussi et me dis que l’armure s’adapte très bien, en fait.

Personne ne me surveille alors je décide de fuir, pour enquêter (puisque je suis accusée de meurtre, il y a sûrement un coupable, même si c’est pas moi – logique). Je suis extrêmement forte, confiante en moi, et déterminée. A la place du souvenir de Mathias, il n’y a rien, j’ai dressé des barrières mentales super puissantes. Je ne peux pas y penser. Ça me tuerait.

Je suis de retour, toujours affublée de mon armure, dans la maison incendiée. Les copines y vivent, maintenant. Elles s’occupent de plantes dans une pièce sans fenêtre. Anne-Lise et quelqu’un d’autre sont vautrés sur le canapé tandis que Régina bouture une petite plante en pot. Tout le monde est super content de me voir et remarque combien je suis bien coiffée.

La police se rapproche, je ne peux pas rester. Qu’ils me reprennent, je m’en fous, qu’ils augmentent la peine aussi. Je ne suis qu’une plaie à vif. Ces considérations ne me touchent pas.
Et puis, coup de théâtre : quelqu’un avoue quelque chose. Je suis libre. Je marche entre deux rangées de personne et je vais saluer Natacha. Je la remercie d’avoir parlé (je n’ai aucune idée de ce qu’elle a bien pu dire, vu que la mort de Mathias est accidentelle). Après coup, je pense qu’elle a vendu ses deux sœurs, avouant qu’elles ont mis le feu volontairement.
Je suis libre, et quelqu’un a prononcé le nom de Mathias. Je suis vide. Je ne sais plus ce que je vais faire. Je n’ai plus rien à faire. Régina me prend par l’épaule. Je vais juste devoir réapprendre à vivre. Ne penser à rien, me laisser guider. C’est ce que je me dis.


  1. C'est parce que tu habites à l'est de ton pays que tu as tout chamboulé ton blog ? :P

    Sinon, pour le rêve… Je ne sais pas comment vous faites pour avoir ce genre de rêve aussi barré.

  2. C'est bizarre ça…je viens juste d'acheter du terreau afin de m'occuper de mes plants de tomates…

    sinon c'est quand même un peu glauque comme rêve, c'est même triste…cela dit…oui…je serais là pour te prendre par l'épaule

    bises à bientôt

  3. J'habite plutôt à l'ouest, Gradlon, me semble-t-il…
    Oui, c'était un rêve bien barré… Je crois qu'il faut juste essayer de se remémorer les détails, c'est pour ça que je les écrits, d'ailleurs.

    Régina : c'est gentil, merci :) Finalement, quand je me suis réveillée, j'ai surtout été frappée par les détails incongrus. Mais c'est sans doute aussi parce que Mathias était bien là, respirant, à côté de moi! :p

  4. Bof… Québec, c'est plutôt côte est du Canada, hein… Mais je te comprends, je me plante tout le temps aussi :)

  5. Est? Ouest? tout dépend de quel côté on regarde…

  6. C'est que j'entendais ta remarque dans le sens où j'habitais à l'ouest de la France… C'est ça mon pays, à la base, non? :)

  7. Ouais mais du coup, mon commentaire n'avait plus de sens ;)

    Régina : À droite de la grande étendue d'eau qui se trouve à gauche de ta maison quand tu regardes le Pôle Nord, qui se trouve en haut de ton planisphère si tu le regardes dans le bon sens. Ça va, comme ça ? :P

Quelque chose à ajouter ?

fleurs stylisees fleurs stylisees