Le BazzArt de Kalys

I’m a loser

Ce qu’il y a de plus frustrant dans la recherche d’emploi, c’est qu’on finit toujours par se dire qu’on est une merde, puisqu’on n’a aucune compétence dans aucun domaine – la preuve, tel employeur n’a pas rappelé, et quant à cette offre de job, on pourrait mentir, mais en fait, on n’a pas l’expérience demandée. C’est frustrant parce que quand il s’agit du monde associatif, bizarrement, là, on se fait plein de contacts très rapidement, les gens sont enthousiasmés par ce qu’on fait, et on a enfin l’impression de savoir faire quelque chose, et d’obtenir la reconnaissance idoine.

Tout à l’heure, j’ai téléphoné à la librairie, pour vérifier que mon CV était bien arrivé sur la bonne pile, et en haut, s’il vous plaît. L’homme que j’ai au téléphone me dit que la personne chargée du recrutement n’est pas là, mais que si je rappelle dans une demi-heure, je pourrai la joindre. Je m’exécute. Seulement, la demi-heure écoulée, ce n’est plus la même personne que j’ai au bout du fil, et celle-ci refuse de me passer la responsable. Elle m’explique qu’ils ne fonctionnent pas comme ça, qu’on me rappellera si mon profil convient, mais que de toute manière, pour l’instant, ils ne cherchent personne. Ah, super. Pourquoi j’ai postulé, déjà? Ah, oui. Parce qu’on m’avait dit qu’ils recherchaient du monde. Suis-je bête : comment ai-je pu y croire.

Je sais bien que la recherche d’emploi demande de la persévérance, je sais aussi qu’on n’obtient pas toujours ce qu’on veut. Mais j’en ai un peu marre de me rabattre sur des jobs de merde, qui attirent à peine les étudiants, pour la seule raison que, si les pays aiment se gargariser de leur culture florissante, ils ne daigneraient pas pour autant développer le cortège de métiers qui va avec, préférant remettre cette gloire entre les mains de bénévoles – c’est bien plus pratique.

Je ne m’attendais pas spécialement à ce que mes compétences soient plus requises ici qu’en France : les librairies embauchent peu, c’est un fait. D’ailleurs, je me demande si je ne devrais pas ouvrir la mienne, ça irait plus vite : tous les libraires spécialisés travaillent seuls, quant aux autres, ils ne recrutent jamais au bon moment. Je sais bien que le secteur est bouché, mais, fondamentalement, à 26 ans, je ne sais rien faire d’autre. A moins de trouver un taf de chroniqueuse. A moins de créer mon propre zine. On voit tellement d’incapables au rayon littérature de la FNAC que je trouve quand même mon propre chômage exaspérant.

Demain, j’irai donc arpenter les rues de la vieille ville, CV en main, dans l’espoir de décrocher un job, quel qu’il soit – aussi inintéressant soit-il. J’ai aussi ouvert quatorze onglets concernant des magazines littéraires, et j’ai pensé me reconvertir dans la culture du soja, une affaire qui marche.


  1. Ne te décourage pas ! Tu viens d'arriver ! C'est tombé à l'eau, mais ce n'est pas grave ! Ne te mets pas déjà dans l'optique de te rabattre sur des jobs de merde, et même si ça doit arriver, rappelle-toi de chercher du travail pendant ce temps-là. Tu as déjà pris des contacts c'est déjà bien… Je crois que trouver du travail, ce n'est facile pour personne, et en fait, surtout pas pour les diplômés… Ton audace paiera, ça t'est déjà arrivé ! Je crois que ce qui peut te faire chuter, c'est justement une "résignation" trop rapide… Fais-toi confiance et cherche le boulot qu'il te faut. ça prendra le temps qu'il faudra, quitte à galérer encore dans un petit boulot. J'ai comme l'impression que les jeunes sont un peu tous logés à la même enseigne, de nos jours… Tu sais très bien que tu sais faire des trucs, à toi de ne pas te faire berner par les apparences qui semblent dire le contraire. La crise est mondiale, j'imagine que ça doit jouer, la confiance est moins de mise, et on embauche moins… Rappelle-toi que tu es encore jeune, et que c'est normal à ton âge de lutter pour te faire ta place (même si c'est injuste…) En tout cas, ne lâche pas l'affaire, on n'est jamais condamné à quoique ce soit à moins qu'on le veuille…

  2. Je n'ai pas grand chose à rajouter après Mu, persévère dans les librairies, ne lâche même pas celle-ci, on ne sais jamais.

    Garde courage !

  3. Je ne suis plus si jeune que ça ;)
    Ce matin, j'ai envoyé des candidatures spontanées à des magazines littéraires hyper-sérieux, même moi ça m'a fait sourire, mais, eh, c'est ça l'audace! ;P
    Des librairies suffisamment grandes pour embaucher, il n'en reste plus tant que ça à Québec. Non mais en fait, si hier j'étais si découragée, c'est surtout parce que j'étais stressée : Mathias m'a mis la pression :p Je sais que je peux trouver, mais évidemment, d'ici la fin du mois déjà, si je pouvais avoir une idée précise de ce que je vais faire, ce serait bien. Comme je ne suis pas sûre que j'aurai le temps de trouver un boulot vraiment bien, je râle par avance :)

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