Le BazzArt de Kalys

Aigrie

Faire de son blog une tribune pour critiquer plusieurs personnes d’un seul coup, se doutant qu’elles pourraient lire mais n’en étant pas sûr, c’est pas très reluisant. Non seulement ce genre de billet n’a aucun intérêt pour les autres, mais en plus, c’est une façon pour le moins mesquine de régler ses comptes. Mais je vais le faire quand même, parce que « c’est mon  blog et j’y écris ce que je veux ».  Ou juste parce que je suis mi-triste mi-un-peu-fâchée et que ça fait plusieurs jours que ça dure, et que je ne sais pas comment faire autrement que de finir par l’exprimer quelque part. Ça ne me soulagera probablement pas, je n’en sais rien.

Donc, voilà. Je crois pouvoir affirmer que quand mes amis envoient des signaux de détresse, j’y réponds rapidement. Quand c’est par e-mail, ils peuvent s’attendre à ce que je réagisse dans la journée, au pire, dans la semaine. Quand moi j’écris pour dire que je ne me sens pas super bien, le temps d’avoir une réponse… J’ai largement eu le temps de m’en remettre. J’imagine que je ne suis pas très facile à gérer, parce que je suis souvent évasive sur ce qui m’arrive. Quand on me demande comment je vais, je me contente souvent d’un laconique « ça va bien » et j’ai du mal à développer même les aléas du quotidien. Parce que je ne trouve pas ça très intéressant et que j’aurai l’impression de monopoliser la conversation, d’autant plus depuis que je suis partie : le fait que les choses qui m’arrivent, m’arrivent au Québec, ne les rend pas plus passionnantes. Donc j’essaie de tenir le blog à jour de manière à donner une idée globale de ce qu’est la vie ici.

Évidemment, le contrecoup, c’est que je ne peux pas m’attendre à ce que, pour une fois que je daigne lâcher des miettes, ce soit le bon moment pour ceux qui réceptionnent mes états d’âme. Et je sais bien que quand je dis « tu me manques », ça doit vous faire hausser les sourcils : « c’est bien, mais c’est toi qui es partie, et je ne peux rien y faire ». Sauf qu’un e-mail, c’est déjà une présence.

Sauf que ouais, merde, pour une fois que j’explique que j’ai pas trop le moral, j’aimerais vraiment que les gens accourent pour me soutenir. Je ne suis probablement qu’une sale égoïste bloquée sur une vision adolescente de ma personne. Mais parfois, je remercie vraiment le hasard qui m’a donné une soeur et un copain, parce que sinon j’aurais l’impression d’avancer toute seule.

Je veux dire. En vrai, on avance tous tout seul. On est confronté à des choses qu’on est obligé d’affronter seul. Ce sont des événements et des façons de les envisager qui n’arrivent qu’à nous, qui ne concernent que nous, et on n’a d’autre choix que d’y faire face. On peut en parler, mais reste qu’on doit apprendre à les gérer. Je n’essaie pas de dire que je voudrais me reposer sur quelqu’un d’autre. C’est juste que… Quand quelque chose est important pour moi, j’ai du mal à admettre que ça n’intéresse pas les autres. Que ça ne les intéresse pas du tout, je veux dire. Normalement, le simple fait que ça soit important pour moi devrait attirer leur attention dessus.

Tout le monde sait, à ce stade, que je parle de ce que j’écris. En partie.

J’ai beaucoup de défauts, je peux même les énumérer si vous voulez être sûrs que j’en suis consciente. Mais je crois pas avoir déjà dit à quelqu’un que je voulais vraiment lire ce qu’il écrivait, et que ce soit juste pour le flatter. Quand des personnes m’ont dit « envoie, ça m’intéresse », je les ai crues. Je comprends maintenant que je n’aurais pas dû, parce que c’est long, probablement pas passionnant, et que le quotidien, ça bouffe le temps.

Après, je sais bien que les gens sont là en fonction de leurs compétences et de leurs envies. Ceux qui ont participé à ce projet n’étaient pas forcément ceux que j’attendais et j’en ai été extrêmement touchée. J’en demande peut-être tout simplement trop.

M’en fous d’abord. Je vais bien et je vais m’en sortir toute seule. Na.



Quelque chose à ajouter ?

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